24 avril 2006
Juste un détail
Il y a un petit détail que j'ai omis dernièrement... Mardi, lorsque j'ai monté Prince, lui faisant exécuter pour la première fois les quatre cercles fondamentaux, le cheval répondait... au-delà de mes espérances. Au début, je me suis dit que ça progressait sacrément, que le cheval avait un déclic et moi aussi... Qu'est-ce que je suis bonne quand même !!
Sauf que... j'avais juste oublié que dimanche... Prince avait été monté par Sébastien. " Il m'a fait presque peur. Je lui ai fait faire épaule en dedans, épaule en avant, appuyer et déplacements latéraux... au bout de 20 mn, il était blanc d'écume ! " Et voilà ! Mon Prince avait été monté par un professionnel ! Et ça vous change un Pouic, ça ! Sébastien m'a donné de précieuses indications sur mon compagnon. " Au galop, pas étonnant que tu aies un peu de mal, il est un peu handicapé ! " Comprendre : je dois soutenir très fort Prince dans la main, au besoin tenir cette dernière relativement haut. " Et il n'a même pas fait la gueule ! " Comme quoi, quand il est bien monté, Prince se prête bien au jeu ! Sale gosse, il me trompe, et en plus il aime ça !
23 avril 2006
En filet...
C'est parti pour les révisions. La reprise club 2, c'est bon, je la sais... je crois sur le bout des doigts. Reste la club 3 à apprendre...
J'ai appris qu'à mon niveau, la bride n'était pas autorisée. Dommage pour nous car je nous sens beaucoup plus détendue avec. J'ai adopté la tenue des rênes à la française et je commence à bien me familiariser avec. Prince accepte bien le contact, mâchonne, nous sommes bien. Oui, mais pour la bride, on repassera ! Donc travail au bridon obligatoire ! C'est une autre paire de manches. Ma main, je la sens plus dure... et la séance d'aujourd'hui va me le prouver.
Mon Prince longé au pas et au trot à deux mains, je grimpe sur son dos, déplie mon texte de reprise, et c'est parti mon Kiki ! Je ne suis pas décontractée... la petite propriétaire d'une ponette voisine de Prince arrive avec son grand-père et son père. Ils sont extrêmement durs avec elle, parfois, je les trouve même contradictoires. Mon manque de décontraction viendrait-il de ce que je me sens observée avec un oeil peu amène ? Fort possible, je suis hyper-sensible et cela influence toujours ma façon d'être, à mon grand dam...
Toujours est-il que je suis raide. Donc Prince aussi. Je trouve son trot très tapant, il se met à l'envers. Je déroule approximativement la reprise club 3 dans ces conditions. Aproximativement car la carrière n'est pas rectangulaire. Il faut donc s'adapter. Les transitions galop-trot sont dignes de celles d'une débutante, Prince m'énerve. A côté, le père et le grand-père ainsi que la petite-filles se montent aussi le bourrichon... ça fait beaucoup pour un seul Pouic !
Je décide donc de m'exiler dans un coin de la carrière et de travailler les quatre cercles fondamentaux. C'est magique ce truc. D'abord, j'arrive à me concentrer totalement dessus, et dans ma bulle j'entraine mon petit cheval... épaule en dedans, contre-épaule en dedans, hanche en dedans, hanche en dehors... d'un coup, Prince devient perméable à mes actions, se pose su ma main. A gauche, à droite, tout marche ! Je peux repartir faire un petit tour de trot avec un Prince délié et acceptant le contact. On va y arriver, même en filet !
Mais au fait, ces cercles ne seraient-ils pas magiques ?
21 avril 2006
Max l'escargot !
Il faut que je vous avoue un truc... inavouable. Je rollküre avec Max... Non, non, n'allez pas imaginer que je lui demande d'aller se mordre le poitrail... à mon grand dam, il le fait tout seul. Et ce n'est pas pour me plaire. A la moindre action de jambe, le grand s'enroule à outrance, ne tend pas son dos, lâche le contact. Et pourtant, je suis sûre que ma main n'est pas dure. Je suis souvent limite rênes longues avec lui !!
Apparemment, je ne suis pas la seule à qui il fait le coup. Et pour le remettre dans le " droit " chemin, ça ne va pas être une partie de plaisir. La seule solution que j'ai trouvée, le mettre en longues rênes en caveçon. Là, il se place correctement, mais ce boulot-là, il n'aime pas non plus ! Il est tête de mule ce gros ! Mais non, je ne m'énerverai pas, pas question Max ! Déjà, marcher droit se révèle une véritable sinécure. J'ai branché les longues rênes en indirect (la rêne intérieure passe d'abord dans l'anneau du caveçon puis se fiche sur un anneau du surfaix). Je m'aperçois vite qu'il faut que je change de système. Allez, je branche en direct. Ça se passe tout de suite mieux. Max marche droit. Mais de là à lui demander des exercices où l'engagement du postérieur joue un grand rôle... Max croupionne plus qu'il n'exécute l'affreuse chose. Mais bon, son postérieur, il a bien été forcé de l'engager !
20 avril 2006
Tête au carré ?
Pour faire une tête au mur, il faut, une tête, et un mur. Ben comme vous pouvez voir, j'ai tout pour réussir. Mais les inclinations politiques de mon Pouic font qu'il refuse de rentrer ses hanches à gauche. En revanche, à droite, cela semble plus aisé. Cré nom d'un Pouic, vais t'en faire signer un CPE moi ! Non, pas question. Je suis écolo et je déteste les mouchoirs jetables. Un coup à nous faire disparaître la forêt d'Amazonie ça ! Quelle cata, déjà que Pouic tousse car il est allergique aux produits phytosanitaires utilisés sur les cultures (on est en plein épandage), il ne manquerait plus que la forêt disparaisse !!
Enfin, même au pas, Prince travaille consciencieusement ses quatre cercles fondamentaux. Ça lui fait un port de tête... princier et musclé. Ya bon mon Pouic !
19 avril 2006
Fallait appuyer ?
Alors là je dis MERCI ! Parfaitement madame, oui monsieur, MERCI ! Sur les bons conseils d'Anne, membre du forum de la fédération équestre française, je décide de faire travailler les quatre cercles fondamentaux du colonel de Saint-André à Pouic de Huiron.
L'idée, nous explique Anne, alias Badine des Cabanes, réaliser des cercles de 12 à 15 m au pas compté. Lors du premier cercle, faire quelques foulées d'épaule en dedans. Lors du deuxième, quelques foulées de contre-épaule en dedans. Hanches en dedans lors du troisième et hanches en dehors pour monsieur quatrième. " Le but est de mobiliser pour les deux premiers les épaules par rapport aux hanches (ces dernières restant droites sur le cercle) et pour les deux derniers les hanches par rapport aux épaules, là encore les hanches doivent rester droites sur le cercle.
Les quatre cercles s'enchaînent simultanéement sur le cercle, ensuite on change de main, et on recommence. Une fois obtenu au pas compté, on peut le faire au trot, toujours rechercher une cadence lente. "
Je pars donc aux écuries avec ce petit schéma en tête. En passant, j'en profite pour remercier mon grand pote David qui m'a fait dernièrement de jolis dessins de hanches en dedans, contre-épaule en dedans... car ma boîte crânienne sonne un peu creux !!
Mon Prince, beau comme jamais (je viens de lui faire la crinière), s'échauffe à la longe. Puis, hop, je monte sur le monstre. Aujourd'hui, nous nous cantonnerons au pas. Le pauvre tousse. " Le poumon, vous dis-je ! " Probablement dû aux vers, ce problème semble ne pas vouloir partir... à cela s'ajoute l'épandage de produits phyto-sanitaires à quelques dizaines de mètres des écuries. Au pas donc !
Je poursuis tranquillement la détente du petit bonhomme. J'arrive à lui faire accepter de passer près de la herse (une herse plate, toute bête, mais qui fait peur, peur, peur...) Je laisse Prince la renifler, je m'arrête près d'elle. Prince finit par passer. Ouf ! Je sais que dès la prochaine séance, il faudra que je recommence !
C'est parti pour les cercles. A main droite. L'épaule en dedans. Les sabots dans les naseaux. " Bien mon bonhomme ! ", contre-épaule en dedans. Pas à me plaindre... Hanche en dedans. Mais, mais, ça marche bien ça dis-donc ! Et je m'aperçois que Prince se déplace presque latéralement en regardant dans le sens du mouvement. Si je ne me trompe, il s'agit de la définition de... l'appuyer ??? !!! (Ne prends-je pas mes désirs pour la réalité, là ? ) Trois pas, il me fait le Pouic. Puis il trouve cela difficile. Inversion des clapets ! Hanches en dehors. " Ahhhh, c'est plus agréable pour moi ", dit le Pouic. Je tente l'exercice à gauche. Plus difficile. Alors que lorsque je l'ai rencontré, mon cheval était gaucher ! Va comprendre, Léandre ! Mais avec une bonne volonté évidente, Prince finit par y arriver. Et du coup, j'ai l'impression d'avoir une encolure hyper musclée avec un contact super doux... caoutchouc... Je ne sais pas si Prince a apprécié, mais moi, je suis ravie.
Qui a dit que c'était ch... le pas ?
Et après, une heure de paddock pour faire plaisir à mon " happy athlete "! ![]()
15 avril 2006
Caveçon et longues rênes
Prince est blessé au garrot depuis quelques jours. Sa couverture apparemment... Je lui mets de la bétadine sur sa peau désormais sèche. Visiblement, la selle n'entre pas en contact avec la blessure, mais je préfère le monter moins souvent quand même. Les longues rênes vont faire l'affaire car le surfaix ne touche pas la partie écorchée.
Je travaille avec le caveçon. J'ai parlé brièvement des longues rênes avec Philippe Karl. Il m'a conseillé de ne pas me servir d'un filet, faute de quoi je pourrais lui faire mal à la bouche. Il a raison, si j'ai la main leste à cheval, au bout de rênes de 15 m, la force se trouve démultipliée. Le caveçon donne un air étonné à mon Pouic. Surtout les petits anneaux, là, sur le chanfrein... " et qui font rien qu'à cliqueter ! " Oui mon Prince, mais c'est mieux pour ta bouche. Exact ! Le petit cheval semble finalement apprécier l'étrange et lourd objet. Aux longues rênes, nous travaillons au pas, les épaules en dedans et les déplacements latéraux... pour changer. Il me faut remémorer à Prince que lorsque je change de place derrière lui, hop, il doit tourner. En deux fois il a repris le coup. Je le laisse donc s'égayer dans le manège en fin de séance pendant que je pars à la chasse au crottin. Mmmm, se rouler, quel bonheur !
Prince aux longues rênes... sans longues rênes !!
12 avril 2006
" Un peu de cirque... "
Trois heures, nous sommes restés trois heures à regarder les écuyers du fin fond de la Drôme. Pour arriver dans ce petit nid d'aigle, point besoin d'ailes, mais d'une ferme envie d'aller voir là-haut si nous y sommes. 5 km... une demi heure ! Mais quelle découverte !
Le manège est, selon moi, un 40 x 20 m, ouvert sur la montagne. Au plafond, trois lustres participent à l'ambiance très feutrée du lieu. Le silence est presque monacal jusqu'à ce que violons et orchestres emplissent nos oreilles. Au fond, un immense miroir où les cavaliers n'hésitent pas à se regarder... eux et la posture de leurs montures. Ici, tout n'est que calme, luxe et volupté ?... Oui, pas de doute, monter à cheval, c'est du sérieux ! Mais, l'est-ce tant ?
A notre arrivée, Bea Borelle travaille un jeune cheval. Il a encore l'oeil tendre du bébé et machônne son mors à aiguille. Sa cavalière porte un joli petit chapeau rigolo qui lui réchauffe bien les oreilles. Pas de selle, mais deux tapis sur lesquels est fixé un surfaix avec une énorme poignée métallique. Pas de rênes mais deux longues lanières de cuirs, larges et souple. Comme les cow-boys. Bea Borelle a déposé un sac plastique lesté au sol. Elle dessine des pleins et des déliés non loin de la " chose ". A force d'occuper le poulain, il finit
pratiquement par marcher dess
us sans s'énerver... alors que dix minutes avant, il était évident qu'il regardait beaucoup ! Qu'il est joli ce poulain ! Non loin de lui, les stagiaires longent les chevaux que vont travailler le couple d'écuyers. Elle donne des indications en allemand au jeune homme s'occupant de sa " future " monture. Elle connaît bien le caractère du loulou, ce qu'elle dit se révèle dans les minutes qui suivent ! Ce qui ne l'empêchera pas de demander conseil à son mari pour ces bon sang de changements de pieds qui ne passent pas encore très bien. Pour le piaffer, pas besoin. La petite boule de muscle s'élève sans sourciller. La musique classique accompagne sa danse. La parole est rare. Le verbe n'aurait-il pas sa place ici ? Mais si, mais si. Et apprendre au visiteur à ne pas se fier à la première impression est une des vertus de l'endroit.
L'étalon hispanique rentré, Bea Borelle apparaît avec... un poney. Un joli petit poney d'environ 1,10 m qu'elle travaille à pied. Détail qui tue : la bêêête à la bouille coquine porte une couverture bleue électrique probablement faite maison, avec... un gros coeur rose sur la croupe ! Hihi, rigolote petite chose... qui lorsqu'elle se tourne dévoile... un non moins rose nounours de l'autre côté !! Farfelu ! Oui, mais le travail avec ce petit bonhomme de 17 ans, farfelu, il ne l'est pas. Le p'tit bidule peut piaffer à la demande, il passage, il nous sort des allongements du trot qui fait souffler sa professeur... Il est chaud, on peut lui ôter sa couverture. Et là ! Summum de la blague : sur sa croupe tondue... se détachent le même gros coeur et le même nounours !!! Travail à l'épaule, longues rênes, on peut avoir un look psychédélique mais effectuer des exercices ahurissants. D'autant plus que le poney est totalement aux ordres de Madame Borelle. Même lorsqu'elle le lâche en liberté alors que son époux monte un cheval à côté. D'un geste, elle peut l'arrêter, lui demander de tourner... mais le plus drôle... " Vous dansez madame ? ", pourrait demander le dodu poney à la croupe gironde. Bea Borelle lui fait face. Croise la jambe gauche au-dessus de la jambe droite. En face, le poney fait... pareil en miroir ! Elle décroise, il décroise. Elle croise la jambe droite au-dessus de la jambe gauche. Hop ! Le poney l'imite ! Et ainsi de suite ! Un travail sérieux puisqu'il fonctionne, mais un résultat à vous mettre un sourire jusqu'aux oreilles... Les amis des stagiaires allemands venus regarder la leçon rient. " Nicht zu viel Dressur, aber ein bisschen Zirkus ! " *, sourit Philippe Karl en s'adressant à eux. Oui, l'équitation c'est du sérieux, mais se prendre au sérieux, quel ennui !
* " Pas trop de dressage, mais un peu de cirque ! "
Après s'être roulé, le petit poney est resté assis, tranquillement,
jusqu'à ce que l'on vienne lui remettre ses couvertures !
11 avril 2006
Heureuse qui comme Manue...
... a fait un long voyage ! 1.300 km en trois jours. J'ai perdu l'habitude.
Mais de regrets point ne ressens. L'objet de mon périple dans la Drôme : la rencontre avec Monsieur Philippe Karl, écuyer de son état, dont les livres tiennent bonne place sur ma table du soir.
Je ne suis pas uniquement venue regarder l'homme qui sourit à l'oreille des chevaux. L'idée principale de mon déplacement étant de devenir sa stagiaire l'année prochaine, durant un an. Mais comment cette étoile du dressage va-t-elle me recevoir ? Philippe Karl est-il chaleureux, froid, très occupé ? La timide maladive que je suis enfile ses petits chaussons !
" Bonjour ! Madame Ballue je suppose ! " Devant moi, un grand monsieur souriant. Chapeau et veste assortis, pantalon de cuir nuit, grand manteau. Il nous explique à Jean-Marc (mon mari) et à moi qu'il va travailler ses chevaux puis nous pourrons parler ensemble. " Soit entre deux chevaux, soit après mon cours. " Nous nous installons sur les bancs du manège ouvert qui donne sur la montagne. L'accueil chaleureux nous fait oublier un peu l'eau qui crépite sur le toit de l'édifice et nous trempe, peu à peu, vent mauvais aidant. Une des stagiaires suisse nous prête trois couvertures style armée pour que nous n'ayons pas froid.
Philippe Karl ôte sa grande pelisse, enclenche des éperons à ses chaussures et disparaît momentanément. quand il revient, le manège est baigné dans une douce musique. Concertos pour piano et orchestre... je crois que c'est du Mozart. Aujourd'hui, le silence qui suit la le concerto sera aussi de Philippe Karl et de son épouse ! Je dévore les cavaliers des yeux. Madame Bea Borelle, épouse de Philippe Karl, monte un explosif petit étalon hispanique. Philippe Karl s'occupe d'un grand Oldenburger " plein de force et pas du tout coopérant ", viendra-t-il nous dire ensuite... Pas coopérant, mais actif tout de même. Sous la selle du cavalier, le gros cheval que je viens de voir longé se transforme en " grand " cheval, qui se tient. Pas espagnol, appuyers aux trois allures, épaules en dedans et début de piaffer si je me souviens bien, jamais je n'ai vu cheval baver autant ! Passez-moi une échelle, je dois redescendre de ce nuage !
Changement de cheval. Une grande gigue alezane se fait longer par une stagiaire avant d'être monté (tous les chevaux sont longés, et un tabouret sert de montoir). Philippe Karl et Bea Borelle viennent nous voir. Tout de suite, madame Borelle demande à Jean-Marc " vous aussi vous avez une passion ? " Aïkido et vol à voile, c'est cela qu'il aime Jean-Marc. " C'est important d'avoir une passion quand votre femme est amoureuse des chevaux ! ", dit-elle avec un grand sourire... Je crois que nous nous comprenons ! Les veinards, ils ont la même ! Et, alors qu'elle s'éloigne pour aller chercher une autre monture, Philippe Karl nous glisse : " en fait, les gens sans passion me font peur... " J'ai frappé à la bonne porte, c'est sûr. Puis, nous montrant l'alezan qui ne provoque pour l'instant pas une impression particulière chez moi : " Lui, c'est un cheval que j'ai récupéré il y a un an. " Et de nous conter brièvement l'histoire de ce pur-sang américain qui a couru en course, battu par son propriétaire. " Il était couvert de coups, peureux, gris ! Ce cheval, il n'a pas autant de force que le Oldenburger d'avant, mais il donne beaucoup. J'aime mieux ! " Nous le constaterons lorsque le grand homme montera. La monture devient d'un coup d'un seul... belle ! Et le cavalier est plus démonstratif dans ses récompenses. En un an, le cheval rétif peut appuyer aux trois allures et montre une bien belle sérénité. La douceur, la patience, il n'y a que ça de vrai !
Un an de travail...
02 avril 2006
A cheval, dessus, derrière, à côté maintenant ! II
Me voilà avec mon petit loup et mon matériel. Le filet simple, les longues rênes, la badine de dressage. Même travail que pour les petits copains de Prince. Le postérieur passe sous la masse, mais mon p'tit gars n'est pas si coopératif que cela. Il tire une tronche le gros ! Genre les yeux au ciel d'un air de dire " qu'est-ce qu'elle me fait ch... " Mais bon, si on lui demande poliment, il fait tout de même ! Mais en grugeant ! Ah ben sinon, c'est beaucoup moins drôle quand même ! Monsieur augmente la cadence et je sens que ses épaules s'affaissent vers moi. " Ah non, pas question p'tit gars ! " " T'es même pas drôle, Manue ! " Bon, nous changeons de main. Pas la peine de faire monter la pression comme une folle, voyons voir s'il préfère l'autre côté. C'est mieux ! David me demande de réitérer l'exercice sur l'autre main avant de lui faire travailler l'épaule en dedans. " Beurk ! Mais ça y est, ça la reprend la folle ! Et en plus, ils sont deux là ! Veux redevenir cheval de club moi ! " Pauvre Prince, il est fâché. Il s'appuie de toutes ses forces sur moi pour ne pas rester sur la piste. La rêne externe, Manue, la rêne externe ! Nous prenons une oblique pour rejoindre le " droit chemin ". " Installe-le sur la piste, puis ensuite, nous travaillerons l'épaule en dedans ", me demande David. Hop, c'est chose faite. Sur la longueur, je sors les épaules de monsieur cheval. Rêne externe très tendue. Youpi, ça marche
(même si Prince fait la gueule
)... Le pauvre, il ne s'attendait pas à devoir exécuter des déplacements latéraux. " Il y a des dimanches, on dirait des lundis !! " Nous voilà parés pour les longues rênes. David trouve que le bonhomme a fait des progrès depuis qu'il est venu en mars. Les déplacements latéraux passent, même si je trouve l'engagement du postérieur un peu flemmard. Les épaules en dedans sont bien. Je suis contente. Ma fatigue actuelle va me priver un temps de travail sur le dos de mon cheval. Les longues rênes m'offrent une alternative intéressante. Et puis maintenant, je sais comment faire des abdos de rêve à mon dada. Qui a gagné un repos bien mérité !
02 mars 2006
Leçon de longues rênes chapitre I
Il n'y a pas à dire, la curiosité est un bien joli défaut. Et cette curiosité-là me titillait depuis bien longtemps : les longues rênes. Pour un intérêt esthétique d'une part, et puis pour le confort de mon cheval. Grâce à ce procédé inventé au XVIIe siècle en Italie, j'allais enfin faire travailler Prince sans être sur son dos. Double intérêt : je vois ce que je vais devoir sentir et Pouic ne supporte pas mon poids sur son dos. Ajoutez à cela que rien ne vaut le changement pour que mon compagnon ne s'ennuie pas et je crois que le procédé a fini de me convaincre avant même d'avoir agi !!
Mon copain David est donc venu avec Emilie, sa copine (à la base pour me dire coucou, mais autant joindre l'utile à l'agréable). Je profite de l'occasion pour offrir une séance à Sébastien qui me donne gratuitement des cours. Avec Orénoque, sa lusitanienne de 4 ans, il travaille déjà en longues rênes : cercles, huit de chiffre... Mais avant tout, petite séance de longe. Afin de voir évoluer petite mademoiselle et de l'échauffer. David commence toujours par le même exercice, quel que soit le cheval " de 4 à 19 ans ! ". Il se place près de l'épaule d'Orénoque, saisit la rêne intérieure, puis du manche de sa badine pousse les hanches de la jolie fille. Attention, interdiction de voir la jument pivoter sur ses antérieurs. " Ça la met sur les épaules ! " But du jeu : avoir une Orénoque calme, au pas lent et décomposé et qui déplace les hanches. Résultat : la jument engage et se pose délicatement sur son mors. C'est à Sébastien maintenant !
Joignons le geste à la parole : ici, David fait travailler à Prince le même exercice. Pour ceux qui ont le son, écoutez bien le chant du " dindon en rut " : " ça décontracte les chevaux ! ", nous explique " le grand " grâce à qui j'ai rencontré Prince.





