02 mars 2006
Leçon de longues rênes chapitre II
Je ne m'imaginais pas à quel point le travail à pied avec ces foutues de longues rênes qui font rien qu'à vouloir me faucher les arpions allait se révéler passionnant ! La séance Orénoque Sébastien s'est étirée sur... une bonne heure et demie... que personne n'a vu passer. Euh, si, peut-être la jument ! Elle a bien joué le jeu et a même fini par aller dans l'un des angles du manège... là où la neige n'arrêtait pas de faire du bruit en tombant du toit. Damoiselle Orénoque aura entamé une jolie petite épaule en avant, elle tend sa rêne externe et on croirait qu'elle roule des mécaniques !
A mon tour d'entrer en scène avec mon " soeur sourire " qui déteste les juments. Et qui soupire telle une âme en peine à l'idée que le travail l'appelle ! D'autant plus que David a décidé d'activer le " spécial dédicace Pouic "... Bourinet est non seulement " surfaixté " mais aussi sellé, car l'objectif pédagogique de la séance est de me faire sentir à l'extérieur ce que les longues rênes font à l'intérieur ! J'apprends donc le même exercice de déplacement des hanches que Sébastien. Ouh là, Prince va trop vite, il s'y entend pour gruger le bougre ! Je dois absolument le ralentir dans son mouvement, sinon les quatre temps du pas vont s'escamoter... et il ne me restera plus qu'à me composer une musculature volumineuse pour prendre dans mes bras mon beau cheval... sur les épaules ! Mais tel n'est pas le but et bientôt, petit cheval pose sa bouche sur son mors... et je ne porte plus rien. " Cet exercice, tu peux le faire en main ou à pied ", m'indique David. Je me souviens effectivement l'avoir toujours vu faire bouger ainsi tous les chevaux qu'on lui présentait.
Longues rênes chapitre III
Les choses sérieuses commencent. D'abord, apprendre à me positionner : sur le côté intérieur, soit au cul du Pouic, mais pour l'instant on n'en est pas là, soit à une distance respectable pour prévenir tout coup de pied éventuel... Et surtout, ne pas insister si le cheval se montre " tapeur ". Certaines montures ne sont malheureusement pas adaptées à l'exercice. Pour Prince, pas de soucis. La première fois que je lui ai présenté ce drôle de matériel et que je me suis placée derrière son auguste derrière, Monsieur n'a pas bougé une oreille. Et a vite enchaîné huit de chiffres, changements de main et cercles aux trois allures.
Mais là, attention Pouic, gare à tes fesses, ça se corse ! David habitue progressivement Prince à tendre cette bon sang de rêne externe (Nuno Oliveira ne disait-il pas qu'il s'agissait de la rêne de l'écuyer), pour progressivement l'inciter à effectuer de petites épaules en dedans. Ca marche ! Il me laisse les guides et... et Prince me gruge ! Il est fort ce Pouic, il est fort ! Mais en soutenant l'action de la rêne extérieure, il finit par retrouver le " droit " chemin !
Nous passons à l'exercice suivant : le déplacement latéral. David mène Pouic qui préfère faire la vie devant deux pauvres barres rangées par terre ! Mais qui finit par obtempérer. A moi ! Et... Prince me gruge !! Bis repetitas !! D'abord, j'ai tendance à passer derrière la croupe de Prince. Deux grandes mains me chopent les épaules " toi, tu restes là ! Maintenant, résiste avec la rêne externe (mon épaule droite va changer de volume !) et pousse avec la rêne intérieure. " Flap, flap, flap, la rêne claque doucement sur le flanc de Prince qui finit par céder et se déplacer latéralement, et... tendre sa rêne ! J'ai goûté à la sensation ! Prince se déplace désormais sans contrainte... enfin... disons que j'ai l'impression de ne plus avoir qu'à me décaler un peu vers lui pour qu'il exécute son exercice. " Après, avec du travail, il le fera droit des oreilles à la queue, pour l'instant, on accepte le pli ! "
Longues rênes chapitre IV : c'est fini pour aujourd'hui !
J'étais à pied, je me retrouve à cheval. Au menu, " tu vas sentir ce que tu as fait à pied ". Donc répétition à cheval du premier exercice. Je déplace les hanches et je destrrrrrrrrrrrructure l'intemporalité du Pouic... (mais, qu'est-ce qui m'arrive là !). Ca ne marche pas à tous les coups car je ne parviens pas toujours à bien ralentir Prince. Mais à force de répétion, ça marche ! Et j'obtiens à l'arraché le droit d'effectuer une cession à la jambe. Ohhhhhhhhhh la rêne, comme elle est tendue cette rêne ! Prince appuie dessus pour se déplacer, ce n'est pas moi qui la tire ! Il est tendu mon p'tit cheval ! Et... et il aura le droit à un gros dodo... Une heure et demie de travail, ça se récompense ! Surtout que j'avais l'impression que la séance avait duré... un quart d'heure !
11 février 2006
Attention ça bouge !
Bon, eh bien il y a du boulot ! Prise en été par ma gentille maman qui n'avait jamais tenu un appareil numérique dans les mains, cette petite vidéo (qui date de juillet 2005) m'a fait prendre conscience que mon dos manque de droiture !! Pour la voir, cliquez ici.
Du coup, si vous entendez le doux bruit d'un cheval au galop accompagné d'une petite voix " tes épaules Manue, tes épaules, le galop se cadence avec ton dos, tes abdos et tes épaules... en arrière les épaules... " NE BOUGEZ PLUS ! UN POUIC APPROCHE !!! ![]()
02 février 2006
Polémique
Les cavaliers pas d'accord se comptent comme les étoiles dans le ciel. Des constellations aussi nombreuses qu'il y a peut-être d'humains sur terre ! Polémique quand tu nous tiens... Il y a eu d'Aure et Baucher... enfin, c'est celle dont j'ai bien entendu parler. Les dresseurs regardent les CSOïstes de haut... qui ne se gênent pas pour traiter lesdits "coupeurs de cheveux en quatre " de trouillards ; les nouveaux éthologues se font qualifier de doux dingues ou de charlatans... Rassurez-vous, ils ne sont pas en reste... l'équitation " fédérale " en prend elle aussi pour son grade. Ne parlons pas des méthodes de dressage à la française et celles tournées vers l'Allemagne... Pourvu qu'ils ne nous déclenchent pas la Troisième Guerre mondiale à la sauce hollandaise, ces cavaliers, sinon, où allons-nous ?
La polémique a-t-elle du bon ? Non s'il on en vient à faire usage de noms d'oiseaux alors que ces honnêtes et légers volatiles ne nous ont rien demandé ! Nous si nous en venons à camper sur nos positions, nous claquemurer dans nos chapelles. Nous sommes tous cavaliers... humains... imparfaits !
Oui si la polémique se transforme en questionnement. " Qu'est-ce qui est bien pour mon cheval ? Comment ne pas trop le " brider ", faire qu'il soit heureux ? "
En général, je laisse fuser les commentaires plus ou moins affables sur la méthode allemande qu'étrangement on cherche à opposer à la méthode latine. D'ailleurs, peut-on dresser un athlétique cheval nordique de la même façon que l'on convainc un gracile lusitanien ? Salinero* aurait-il été copain avec Nuno Oliveira si ce dernier l'avait éduqué dès son premier exercice ? Odin aurait-il accepté les aides de Nicole Uphof ou d'Anky van Grunsven ? N'y a-t-il d'ailleurs pas une méthode PAR cheval selon son physique, son mental ?? Et cette méthode, n'est-ce pas celle que nous nous fabriquons en butinant de bonnes idées par-ci par-là ?
Et pourtant, je peux parler, moi aussi. Car dire "oui-amen" à tout ne me semble pas non plus... la bonne méthode ! Non, je ne suis pas une béni oui oui. Oui, certaines choses me ressortent par les yeux. Le barrage des chevaux à l'obstacle. Les barres de fer et autres capsules dans les guêtres... sans oublier la térébinthine dans les bandes... Et puis il y a cette étrange méthode consistant à ramener à outrance le cheval jusqu'à lui faire mordre son poitrail qui me révulse. Comment peut-on imaginer que le cheval soit " heureux " selon les termes propres à l'article 401 de la FEI (Fédération équestre internationale)... dans une telle posture ! Son champ de vision en prend un sacré coup et je n'aimerais pas être à la place de ses cervicales ! Y aura-t-il un jour une réponse à la question " c'est grave docteur ? "... Euh, vous pouvez me prêter Salinero, juste pour voir !?
* Salinero est le cheval d'Anky van Grunsven, championne de dressage. Adepte de la méthode dite de la Rollkür ou overbending.
Sur les possibles effets de la Rollkür, cliquez ici.
30 janvier 2006
A l'allemande ou à la française ?
Comme c'est joli une bride ! Loin de moi l'idée de me gausser de monsieur Baucher qui a loué le bridon jusque sur son lit de mort. Mais avouons tout de même que ce rasoir dans la bouche du Pouic... ça a de la gueule !
" Au secours, la Manue a acheté une bride pour faire joli !! " Pas d'affolage, tel n'est pas le cas. Mais il y a des moments dans la vie où il faut plonger si l'on veut apprendre. Et même si je monte la plupart du temps sans aide extérieure, il me paraît nécessaire de me familiariser avec cette arme à double tranchant. Deux paires de rênes dans les pognes, non mais vous avez vu ça ! Et Prince, ne va-t-il pas en pâtir ? Euh... avouons que je ne suis pas à même d'affirmer qu'il ne souffre pas de la séance hebdomadaire (pas plus de peur qu'il ne se blase et que je lui fasse de mal). Ce que je sais, c'est que la présence du sabre dans la bouche me fait réfléchir. Je tiens mes rênes comme... comme j'effleurerais la marguerite. Pas question de " couper " la bouche de Prince. Du coup, je crois que mon cheval souffre moins en bride qu'en bridon... Paradoxal !
Reste le soucis de la tenue desdites rênes... à l'allemande ou à la française ? " Nombre d'écuyers et non des moindres, ont perpétué cette manière de procéder. Bien des gravures en témonigent, avec des variantes qui ne remettent pas le principe en cause ", indique Philippe Karl dans son livre " Une certaine Idée du dressage ". Et pourtant, il me semble que cette façon de faire apparaisse plutôt... " exotique ". Elle s'oppose à la tenue à l'allemande, beaucoup plus courue.
J'essaye de me familiariser avec la première. D'abord, je suis française, moi madame !! Et puis, pas de risque de s'embrouiller. La rêne de filet s'engouffre par le haut de la main. Celle de bride se love dans la paume en prenant un chemin " subalterne "... Mais alors, bonjour les crampes ! Quant à toujours avoir les rênes ajustées correctement... vaste programme !
Tenir ses rênes à la française : simple à mémoriser. Reste appliquer !
28 janvier 2006
Morceaux choisis
" Toutes les fois qu'on saura l'amener à faire ce qu'il fait de lui-même 
lorsqu'il veut paraître beau, on trouvera un cheval qui, travaillant avec plaisir, aura l'air vif, noble et brillant. " Xénophon
" Rassembler un cheval, c'est " le mettre en boule " sans le mettre en colère. " Philippe Karl
Le cavalier doit avoir : " ... Du beurre dans les gants, du feu dans les bottes, une balance dans l'assiette, et un métronome dans la tête. " in Philippe Karl " Une certaine Idée du dressage, Odin à Saumur ".
Il y a le bel extrait de La Chute de cheval de Jérôme Garcin. Mais comme Delphi en a déjà mis sur son site... Il suffit de cliquer sur son prénom !!! (Et n'hésitez-pas à aller farfouiner sur son site, c'est une mine !)
"C'est dans les jambes, pas dans la tête, que le métier entre. Même si l'époque plaide pour le plaisr sans effort et la récompense sans travail, même si la mode est à la société et à l'équitation de loisir, je vois mal comment on peut faire l'économie des ingrates et itératives séances de tape-cul, des reprises sans étriers, des si monotones tours de manège, et tous les petits bonheurs qui vont avec : courbatures, gerçures, belssures, froidures, fractures. C'est au lit qu'on découvre l'amour pour la première fois, pas dans les pages, fussent-elles avantageusementillustrées, du Kama-sutra. Et c'est en selle qu'on est initié à l'équitation, pas chez la Guérinières. " Jérôme Garcin, in Perspectives cavalières
" Il est fréquent d'entendre dire que tel est un cavalier extraordinaire parce qu'il a une très bonne main. Rarement on entend dire que tel autre est un cavalier splendide, parce qu'il sait très bien agir avec ses jambes. L'une et l'autre chose sont d'égale importance pour qui veut être appelé un bon cavalier. " Nuno Oliveira.
" Cheval qui chie, cheval qui a compris ! " Entendue en Lorraine, cette maxime ne brille pas par son élégance, mais un soupçon de vérité dans la décontraction n'a jamais fait de mal à personne !
Qu'un cheval ait peur de marcher dans une flaque, c'est normal. " Dans une flaque, il y a les nuages. Et le ciel, c'est un monde pour le cheval ! " Franck Petetin alias Iola sur le forum FFE
" La main va jusqu'à l'épaule ! " Le grand-père de la ponette des écuries de Prince
" Balzane une, cheval de fortune, balzane deux, cheval de gueu, balzane trois, cheval de roi, balzane quatre, cheval à abattre ! "
... à suivre
26 janvier 2006
Dressage...
Le dressage m'a toujours fascinée. J'ai monté un peu à cheval lorsque j'avais 12 / 13 ans. A l'époque, on ne passait pas des numéros de galop, mais des degrés, bronze, argent, vermeil. Chaque degré étant scindé en étrier puis éperon. Lorsque je dus arrêter l'équitation pour problèmes de santé, j'étais donc titulaire de l'éperon de bronze et je montais depuis peu dans une reprise étrier d'argent. Nous étions une quinzaine par cours et je dois avouer que nous passions plus de temps à éviter de rentrer dans le séant de notre petit (ou gros) camarade de devant qu'à nous lancer dans des délires créatifs... Et pourtant, déjà, ce que dont je rêvais, c'était de déplacer ma monture sur deux pistes. J'avais dû voir une fois un appuyer, et l'événement m'avait marquée... au fer rouge. Irrémédiablement.
Pas question à cette époque de rêver d'un cheval rassemblé, je ne savais pas ce que c'était. Je n'avais d'ailleurs pas entendu le terme. En revanche, j'avais compris qu'il existait une façon plus confortable de monter. Autant pour le cavalier que pour son cheval. " Sur la main " ça s'appelait. Mon Saint-Graal ! J'admirais les éperons d'argent dont la monture portait haut la nuque, et acceptait moëlleusement la flexion jusqu'à placer le chanfrein verticalement. " En plus, c'est plus confortable quand on trotte ", nous racontions-nous entre jeunes cavaliers du même âge.
J'ai repris l'équitation à 28 ans, âge auquel j'ai rencontré Prince. Je ne sais toujours pas vraiment ce qu'est un cheval " sur la main "... même si Monsieur Pouic accepte parfois la position verticale. Car entre " sur la main ", ramené... et l'étrange Rollkür qui me semble aux antipodes de la logique, je viendrais presque à y perdre mon latin. Comment puis-je sentir que mon cheval est " sur ma main ". Ne s'appuie-t-il pas afin que je le porte ? C'est que c'est malin ces grands machins-là !! Et moi, j'ai si peur de me fourvoyer. Travailler seule et sans miroir... gross Malheur !!
22 janvier 2006
Calme !!!
Aux grands maux les grands remèdes. Prince a été monté en bride aujourd’hui. Oh, pas de panique, je ne pratique pas le ramener à outrance. Mais « l’ustensile » a un je ne sais quoi de « triple effet Kiss Cool ». Prince se met à mâchonner ostensiblement les deux grosses embouchures, et… leur cliquetis permanent me décontracte ! Si si ! Et puis, last but not least, l’action de mes mains s’adoucit. Quand on sait tenir un objet aussi tranchant qu’un sabre japonais, on évite de faire de grands moulinets !
Du coup, le mot d’ordre (respecté) du jour fut « décontraction ». Suivant les bons conseils des cavalières du forum de la Fédération équestre française, je respire bien fort, je ferme les yeux… me voici transformée en boule de gomme ! Prince me passe donc les épaules en dedans… au trot, et, si je ne prends pas mes rêves pour la réalité, une esquisse d’épaule en avant au galop ! Et puis le galop… Mon Pouic est calme ! Il m’écoute ! Ses oreilles me parlent… à moi, à mes mains… et malgré quelques moments de détresse mutuels, je ressors du manège avec un large sourire et les naseaux de mon loubard sur l’épaule.
19 janvier 2006
Humeur changeante...
A dos de Pouic, je me sens bien. C'est qu'il est bien mon petit cheval, au pas, il étend son encolure jusqu'à plus soif et je qualifierais bien le contact de mes mains avec sa bouche de... moêlleux ! Au trot, monsieur cheval me montre les mêmes dispositions. Quel bonheur...
Aujourd'hui, j'ai décidé de travailler la reprise de dressage club 2. Pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais ce sera l'objectif des quinze jours à venir : maîtriser le texte... répéter les exercices. Et avec un Prince dans de si bonnes dispositions, l'affaire est dans le sac !
Que tu crois Manue, que tu crois... D'abord, deux feuilles volantes fixées au pare-botte, ça fait peur. Et un Prince qui a peur, ça ronfle et se gonfle ! "Et puis le galop, tu l'as vu le galop ? Banzaï, je suis le cheval le plus rapide de l'Ouest ! "
Non Prince, ici, on est à l'Est, et puis les lignes droites, ça ne sert pas à y aller à la vas-y-que-je-te-pousse ! Ça y est, le monstre est énervé. Oh, il n'est jamais bien violent mon Prince. Pas le genre à vous flanquer par terre grâce à moult coups de cul. Mais monsieur n'est pas l'Immaculée conception non plus ! " Je veux galoper, et vite ! "
Et moi je veux galoper... mais lentement.
Galop - arrêt - galop - arrêt... Il n'existe pas meilleur exercice pour vous énerver un Pouic. D'autant plus que sur le sol traîne une petite barre, mais alors toute petite la barre. Pas assez pour que Prince accepte l'enjambement sans regimber ! Et vas-y que j'accélère, et que je lève la tête... " Quoi ça te plaît pas ? "
Eh non ! Punition gros Pouic : on recommence et on s'arrête DEVANT la barre ! Puis on repart, on s'arrête, on repart...
Mais jusqu'où iront-ils donc ? Prince arrivera-t-il à se caler au galop ? Manue parviendra-t-elle à obtenir un cheval " calme, en avant et droit " ? Réponse dans les prochains épisodes... ?





