dsc03483Permettez-moi de vous présenter Joyau. J'ai fait sa connaissance il y a environ deux semaines. Son propriétaire l'avait amené pour le stage d'éthologie car il avait une fâcheuse tendance à marcher sur sa fille de 13 ans. Du coup, il est resté le lendemain pour le stage de longues rênes. Pov' choux, comme il avait été crevé, ses abdos brûlants, le souffle court après seulement cinq minutes d'exercice ! Le pauvre, son dos est une vraie baignoire, et ne connaissait pas autre chose que son pré et les balades. Alors les cessions de hanches, là, c'est le bouquet !

Depuis, il occupe un box non loin de Prince. Il s'est assagi car monsieur est très intéressé par la gente féminine. Son propriétaire, mon docteur à voiture, vient le travailler tous les jours. En longe, à cheval. Mais ces temps derniers, il a mal au dos. Et monter sur le dos de joyaux, plus possible ! Du coup, il m'a demandé de le monter, jeudi. Joyau sera le troisième cheval qui me prête son dos en ce bel après-midi...

J'habille la bête... avec l'étrange impression de me transformer en poonseuse. Guêtre vert pomme, tapis mauve, filet à muserolle croisée et petite selle synthétique. Vais avoir fière allure sur ce petit bonhomme bien gentil, mais encore bien ensellé. (Depuis quinze jours, toutefois, il a repris du dos.)

Je monte sur le dos du p'tit gars. Il est gentil mais attentif... à tout bruit extérieur. Un cheval qui rentre, une machine agricole... rien ne lui échappe. Sauf qu'en haut, il y a quelqu'un... et qu'à côté, Sébastien monte Orénoque. " Oh une fifille !! Vite, je vais lui susurrer des mots tendres à l'oreille ! " Euh, non, pas là, non ! Sébastien rigole. Et m'explique que malgré son amour des chevaux, si je pouvais éviter que ce hongre crapahute sur sa jument, ça l'arrangerait bien ! Moi, je m'en fiche (non je blague), mais je me demande quels exercices je vais faire avec gros loulou. " Le problème majeur du cavalier risque d'être de pouvoir arrêter ou faire avancer son cheval ", m'indique Sébastien. Ok ! Je rajoute là-dessus : " et de le faire marcher droit ! " Nous sommes partis. Au pas, gentil, au trot. J'essaye de transitionner. Bof ! Joyaux veut bien, " mais je vais voir la petite jeune fille, là ! " Non gros, tu pars au trot... Pas de soucis, Joyaux est certes un peu mou mou, mais je ne peux pas non plus lui demander un engagement diabolique. " Il se barre dans son épaule ", observe Sébastien. J'ai bien senti comme un truc bizarre, mais jamais je n'aurais réussi à mettre des mots là-dessus ! Nous faisons des huit de chiffre, des serpentines. Il est gentil ce petit cheval de pré.

Sébastien a fini sa séance. " T'es sûre que si je sors il ne va pas faire l'andouille ? " " Ben sors, je te dirais ! " Au début, Joyaux n'apprécie pas du tout sa nouvelle solitude. Puis finit par s'y faire. En fin de séance, j'arrive à transitionner gentiment du trot au pas (au début, tractopelle était en marche !) Joyaux galope sans barguigner, mais j'ai du mal à lui faire tenir un cercle dans son intégralité. Il retombe dans son trot. Je n'ai pas assez de jambe, et lui, ça doit lui tirer un peu quand même. Allez, au pas tout le monde. Juste au moment où Michèle et Sébastien entrent (à pied) dans le manège. Et rigolent ! Le nounours Joyaux est trempé jusqu'aux os.