Balzanes trois, cheval de roi !

Cheval mon cher souci ! Grâce à Prince, je me confronte aux difficultés de l'équitation. Un jour le Saint-George ? Je piaffe, je me questionne... patience et longueur de temps !

31 janvier 2006

Ombre amie

Séance de jambes en l'air avec Pouic ce matin... En tout bien tout honneur, le jeu consistant à trotter en équilibre debout pointe des pieds tendues... et en ouvrant les gambettes s'il vous plaît. Eh bien ça aurait une furieuse tendance à vous chauffer derrière les fesses ce petit exercice mdr112. D'autant plus que ce matin, il fait beau et chaud. 0°C, ça vous change de - 5°C quand même. Heureusement que Prince est d'un naturel calme... même si je sens une petite pointe d'envie de sonner la charge ! Allez, deux ou trois cents mètres de trot arabe les jambes ouvertes, ça te fera bouger un peu ! Oreille de Pouic ! " Mais quelle mouche la pique encore, la grande ? Boh, même pas mal, même pas peur..."

En haut de sa petite monture, la cavalière apprend ce que coxo-fémdsc02171orale veut dire. Et... " ça veut dire aïe, aïe, aïe ! " Passage au pas, et... incroyable cette impression d'être " dans " le cheval ! Mes jambes, encore plus longues qu'avant... vais finir chez les femmes girafes moi... Un petit galop ? Zou... je sens mes jambes enserrer les flancs de Pouic... ce qui habituellement n'est pas le cas. Prince essaye de me prendre la main, mais pas longtemps. Mes jambes peut-être ? En revanche, difficile de passer au trot sans une tension maximum dans mes mains (et donc probablement dans la bouche). En clair, je tire dessus... Nulle ! Retour au galop... très calme. Ça fait plaisir ! Le soleil est mon allié. Je remarque mes épaules voussées ! Si j'avais vendu mon âme, je n'aurais plus eu d'ombre... et plus de moyen de m'améliorer ! Je me redresse. Mon ombre " centauresque " prend un peu de brillant... et Prince est plus arrondi. Mais quelle traction dans les épaules ! Interdit de les arrondir, elles !


Quand on n'a pas de miroir,
l'ombre se révèle une sacrée alliée !

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30 janvier 2006

A l'allemande ou à la française ?

alafrancaiseComme c'est joli une bride ! Loin de moi l'idée de me gausser de monsieur Baucher qui a loué le bridon jusque sur son lit de mort. Mais avouons tout de même que ce rasoir dans la bouche du Pouic... ça a de la gueule !

" Au secours, la Manue a acheté une bride pour faire joli !! " Pas d'affolage, tel n'est pas le cas. Mais il y a des moments dans la vie où il faut plonger si l'on veut apprendre. Et même si je monte la plupart du temps sans aide extérieure, il me paraît nécessaire de me familiariser avec cette arme à double tranchant. Deux paires de rênes dans les pognes, non mais vous avez vu ça ! Et Prince, ne va-t-il pas en pâtir ? Euh... avouons que je ne suis pas à même d'affirmer qu'il ne souffre pas de la séance hebdomadaire (pas plus de peur qu'il ne se blase et que je lui fasse de mal). Ce que je sais, c'est que la présence du sabre dans la bouche me fait réfléchir. Je tiens mes rênes comme... comme j'effleurerais la marguerite. Pas question de " couper " la bouche de Prince. Du coup, je crois que mon cheval souffre moins en bride qu'en bridon... Paradoxal !

Reste le soucis de la tenue desdites rênes... à l'allemande ou à la française ? " Nombre d'écuyers et non des moindres, ont perpétué cette manière de procéder. Bien des gravures en témonigent, avec des variantes qui ne remettent pas le principe en cause ", indique Philippe Karl dans son livre " Une certaine Idée du dressage ". Et pourtant, il me semble que cette façon de faire apparaisse plutôt... " exotique ". Elle s'oppose à la tenue à l'allemande, beaucoup plus courue.

J'essaye de me familiariser avec la première. D'abord, je suis française, moi madame !! Et puis, pas de risque de s'embrouiller. La rêne de filet s'engouffre par le haut de la main. Celle de bride se love dans la paume en prenant un chemin " subalterne "... Mais alors, bonjour les crampes ! Quant à toujours avoir les rênes ajustées correctement... vaste programme !


Tenir ses rênes à la française : simple à mémoriser. Reste appliquer !

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29 janvier 2006

Artisan de l'inutile

" Cent fois sur le métier remettre son ouvrage. " Pas très cavalière cette sentence. Et pourtant, entre le tisserand et le dresseur, un lien, ténu, mais bien solide. Persévérance, remise en question, répétition, exercices un peu douloureux... Ainsi va la vie du cavalier, ainsi va celle de l'artisan.

J'avais donc décidé aujourd'hui de m'infliger une " torturette ". En la matière, une séance de trot façon arabe. Debout sur les étriers, les pointes de pieds étirées et le bassin juste au-dessus du pommeau de la selle. En voilà une idée de masochiste arrivée comme un cheveux sur une soupe... Et pourtant, point de hasard. Juste une bonne proposition dans le forum de la Fédération équestre française. Il faut dire que ma façon de procéder revêt parfois un petit côté extrême... N'arrivant pas à me servir de mes jambes pour mettre Prince à l'arrêt proprement, je décidai de couper ces gambettes par trop longues ! Le dernier " morceau " en contact avec le ventre de Pouic étant... mes genoux. Je suis grande (1,80 m) et mon Pouic ne bat pas les records d'altitude ! (1,61 m) Du coup, ma grande carcasse associée à une vie cavalière des plus courtes n'arrange pas les choses !! 

dsc02053Manue ma Manue, il faut que tu sois forte. Tu n'es pas une bonne cavalière et, travaillant seule, les exercices de mise en selle ou d'acquisition de la fixité de la jambe manquent cruellement à ta palette de connaissances. Alors, quand on te propose d'essayer le trot arabe, tu t'engouffres sans coup férir dans la tourmente. Et... Eh bien, le résultat est plutôt convaincant. Ça vous chauffe l'intérieur des cuisses d'une Manue, ça ! Mais après, la sensation de posséder des jambes... plus longues ! Ah non, ça ne va pas recommencer quand même ! A cela-près que ces immenses appendices " collent " beaucoup plus au cheval. Je m'agrippe moins avec mes foutriquets de genoux. Et Prince s'arrête (un petit peu plus) carré. Accepte les variations dans l'allure, transitionne sans chauffer. Cheval calme, Manue appaisée. Des moments comme ça...


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28 janvier 2006

Morceaux choisis

" Toutes les fois qu'on saura l'amener à faire ce qu'il fait de lui-même cadre_noir
lorsqu'il veut paraître beau, on trouvera un cheval qui, travaillant avec plaisir, aura l'air vif, noble et brillant. "
Xénophon


" Rassembler un cheval, c'est " le mettre en boule " sans le mettre en colère. " Philippe Karl


Le cavalier doit avoir : " ... Du beurre dans les gants, du feu dans les bottes, une balance dans l'assiette, et un métronome dans la tête. " in Philippe Karl " Une certaine Idée du dressage, Odin à Saumur ".


Il y a le bel extrait de La Chute de cheval  de  Jérôme Garcin. Mais comme Delphi en a déjà mis sur son site... Il suffit de cliquer sur son prénom !!! (Et n'hésitez-pas à aller farfouiner sur son site, c'est une mine !)


"C'est dans les jambes, pas dans la tête, que le métier entre. Même si l'époque plaide pour le plaisr sans effort et la récompense sans travail, même si la mode est à la société et à l'équitation de loisir, je vois mal comment on peut faire l'économie des ingrates et itératives séances de tape-cul, des reprises sans étriers, des si monotones tours de manège, et tous les petits bonheurs qui vont avec : courbatures, gerçures, belssures, froidures, fractures. C'est au lit qu'on découvre l'amour pour la première fois, pas dans les pages, fussent-elles avantageusementillustrées, du Kama-sutra. Et c'est en selle qu'on est initié à l'équitation, pas chez la Guérinières. " Jérôme Garcin, in Perspectives cavalières


" Il est fréquent d'entendre dire que tel est un cavalier extraordinaire parce qu'il a une très bonne main. Rarement on entend dire que tel autre est un cavalier splendide, parce qu'il sait très bien agir avec ses jambes. L'une et l'autre chose sont d'égale importance pour qui veut être appelé un bon cavalier. " Nuno Oliveira.


" Cheval qui chie, cheval qui a compris ! " Entendue en Lorraine, cette maxime ne brille pas par son élégance, mais un soupçon de vérité dans la décontraction n'a jamais fait de mal à personne ! mdr113


Qu'un cheval ait peur de marcher dans une flaque, c'est normal. " Dans une flaque, il y a les nuages. Et le ciel, c'est un monde pour le cheval ! " Franck Petetin alias Iola sur le forum FFE


" La main va jusqu'à l'épaule ! " Le grand-père de la ponette des écuries de Prince


" Balzane une, cheval de fortune, balzane deux, cheval de gueu, balzane trois, cheval de roi, balzane quatre, cheval à abattre ! "

... à suivre


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27 janvier 2006

Comme un rêve...

dsc00894Elle n'est pas très grande, grise, et met à notre disposition... un caractère de cochon. Orénoque est lusitanienne. Pouliche grise. Une crinière qui le vaut bien. De petits pieds pas ferrés et des allures de gros chat. La canaille est tatouée sur la cuisse. Entrez dans son box, elle vous apprend vite fait à vous faire respecter... sinon, gare à vous. Sébastien, son propriétaire s'occupe bien de sa fifille. Même s'il avoue avoir voulu la mettre en place trop rapidement. Ce bébé lui donne déjà des sensations, l'illusion qu'elle sait déjà tout faire ! Mais des conseils avisés l'ont fait changer d'apferd234vis. Désormais, il la travaille de façon à ne pas la contraindre outre mesure.

C'est la première fois que je vois un cheval de cette " marque " ! Coup de foudre ! Il ne m'en aura pas fallu beaucoup... Un livre de Philippe Karl consacré au dressage d'Odin, étalon joli d'un élevage ardennais. Rien moins que ça ! Le charme a opéré. Quand Prince aura fermé les yeux, car il faut malheureusement y penser, j'irai flâner parmi les crinières pâles et les Genêts. Mais avant, Prince m'aura tant appris. Qu'il considère son successeur comme un hommage à ses bons et loyaux services ! 

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26 janvier 2006

Dressage...

dsc02246Le dressage m'a toujours fascinée. J'ai monté un peu à cheval lorsque j'avais 12 / 13 ans. A l'époque, on ne passait pas des numéros de galop, mais des degrés, bronze, argent, vermeil. Chaque degré étant scindé en étrier puis éperon. Lorsque je dus arrêter l'équitation pour problèmes de santé, j'étais donc titulaire de l'éperon de bronze et je montais depuis peu dans une reprise étrier d'argent. Nous étions une quinzaine par cours et je dois avouer que nous passions plus de temps à éviter de rentrer dans le séant de notre petit (ou gros) camarade de devant qu'à nous lancer dans des délires créatifs... Et pourtant, déjà, ce que dont je rêvais, c'était de déplacer ma monture sur deux pistes. J'avais dû voir une fois un appuyer, et l'événement m'avait marquée... au fer rouge. Irrémédiablement.

Pas question à cette époque de rêver d'un cheval rassemblé, je ne savais pas ce que c'était. Je n'avais d'ailleurs pas entendu le terme. En revanche, j'avais compris qu'il existait une façon plus confortable de monter. Autant pour le cavalier que pour son cheval. " Sur la mdsc02025ain " ça s'appelait. Mon Saint-Graal ! J'admirais les éperons d'argent dont la monture portait haut la nuque, et acceptait moëlleusement la flexion jusqu'à placer le chanfrein verticalement. " En plus, c'est plus confortable quand on trotte ", nous racontions-nous entre jeunes cavaliers du même âge.

J'ai repris l'équitation à 28 ans, âge auquel j'ai rencontré Prince. Je ne sais toujours pas vraiment ce qu'est un cheval " sur la main "... même si Monsieur Pouic accepte parfois la position verticale. Car entre " sur la main ", ramené... et l'étrange Rollkür qui me semble aux antipodes de la logique, je viendrais presque à y perdre mon latin. Comment puis-je sentir que mon cheval est " sur ma main ". Ne s'appuie-t-il pas afin que je le porte ? C'est que c'est malin ces grands machins-là !! Et moi, j'ai si peur de me fourvoyer. Travailler seule et sans miroir... gross Malheur !!


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25 janvier 2006

Bien au frais !

J'avais décidé de faire un peu travailler Prince sur un huit de cdsc02165hiffre avec un petit obstacle en son centre... Peine perdue, le sol du manège est gelé. Ce n'est pas Monsieur Pouic qui s'en plaindra, direction, la blanche campagne. Brrrrrr, - 6 ° C, Prince risque d'être chaud comme une baraque à frites... En fait d'excitation, le petit gars se contente de multiplier son acuité visuelle par... par beaucoup ! Qu'il est sur l'oeil ce bonhomme ! Bon, il faut dire qu'aujourd'hui, les démons équins ont décidé d'être tous de sortie. Une grosse bâche verte sur les barbelés du parc à vaches, voilà de quoi transformer ma monture en un véritable chien de chasse. S'il avait des vertèbres jusqu'au bout de la queue, sûr qu'il pointerait ! Là, il ronfle et me sert des déplacements latéraux plus que grâtinés. Pas de quoi vous faire tomber une Manue habituée au zigomar. En revanche, une petite leçon de confiance ne fera pas de mal. Surtout que Prince n'est pas trop chien là-dessus. Je le laisse rênes longues, en gardant toutefois ladite rêne dans ma main, elle-même posée bas sur ma cuisse. Que voulez-vous, il faut parer à un éventuel départ canon, surtout sur un sol dur comme du béton. Au bout de trois minutes, le petit bonhomme se met à me regarder, brouter un coup, puis finit par me demander calmement de partir. Mais sans hâte.

dsc02180C'est chouette une balade au pas, le trot, c'est tout doux en raison de l'herbage gelé. Le claquement des pieds de Prince m'interdit de pousser trop loin. Je monte à cheval, je ne pratique pas le patin à glace, enfin pas là. D'autant plus que derrière la haie s'activent des bûcherons. Prince se métamorphose en girafe, étend l'encolure, hume l'air glacé. Pas beau le bruit de la tronçonneuse, mais pas de quoi nous énerver un Pouic jusqu'au point de non retour. En revanche, les stères que Prince craint par-dessus tout avec les grosses pierres, vont-elles lui sauter dessus ? A croire... Regarde les écuries, derrière, Prince. Ta maison n'est pas loin ! Mais avant le box, il faudra me laisser ouvrir (à cheval s'entend) la petite chaîne qui barre l'entrée. C'est la journée des leçons mon gros ! Et je crois que tu les as bien retenues.


Oh, la bâche !!!

Les écuries et les stères des bûcherons entre les oreilles... Quoi de mieux pour vous faire réagir un Pouic !

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24 janvier 2006

Mon Amérique à moi !

Prince est un cheval, vous l'avez compris. Seulement, un cheval qui travaille. Une heure par jour, certes, mais la prestation existe. A ce titre, j'octroie à mon ami saboteux une journée de RTT... qui tombe aujourd'hui cette semaine. Le temps pour moi de repenser aux calmes frasques de mon illustre inconnu.

Des frasques, Prince ? Mais il n'en fait jamais ! Petit cheval sort rarement de ses glogo1onds, mais lorsque l'idée le prend, quelle allure ! " Tu me cherches, tu vas me trouver ! " Non, Prince ne communique pas avec nos mots, mais combien de fois m'a-t-il provoquée en me parlant de la sorte. D'ordinaire assez relax, mon Placide se pique parfois d'étalonnite aigue. Au galop, la queue en panache, portant haut la nuque. Quel dominant ! Un véritable petit pur sang arabe ! Et que je m'arrête en rebondissant, et que je me campe ! Il me fait face, les naseaux dilatés, les yeux rigolards... " J'te plais poupée ? " " Euh..., oui monsieur cheval..., tu me plais... Remets-toi un coup au trot, comme ça, pour voir ? " " Au trot, mais tu rigoles ma cocotte ! Tu as vu ça, c'est quand même autre chose que l'espèce de de tricotage étriqué que tu me fais travailler ! " Et il se met... à passager !! Son garrot aspire littéralement ses pieds... à une bonne vingtaine de centimètres du sol ! Tiens, je n'avais pas demandé à Etienne, mon maréchal, de mettre des ressorts à la place d'éventuelles mortaises... Et sur le papier, Pouic est toujours OI. Mais pour moi, le souffle du désert vient tout droit... de ses naseaux.


" J'te plais, Poupée ? " Vous aurez reconnu, non pas Prince, mais un superbe étalon PSar de l'élevage Alif... http://alifarabians.free.fr/ Et pour ceux qui n'ont pas reconnu... c'est pas Prince mdr111 !

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23 janvier 2006

Tout vient à point...

dsc020051" C'est lundi, c'est ravioli ! " En fait de ravioli, monsieur crinière peut se réjouir à plus d'un titre ! Aujourd'hui, pas de cavalière sur son dos, pas de mors tout froid en ces glaciales matinées d'hiver... Un simple licol en corde et sa longe suffiront. Direction le manège pour une matinée débat " on se comprend "...
D'abord monsieur Pouic, regarde-moi droit dans les yeux, et emboîte le pas derrière moi. La corde posée sur l'épaule suffit, pas besoin de la tenir, le Prince suit la Manue sans barguigner. " Attention Prince, je m'arrête ! " " Oh ben désolé, je t'ai un peu louppée ! " L'arrêt semble la chose la plus compliquée à obtenir pour le moment avec Môssieur. Toujours un micro-poil de retard, le bougre. Mais bon, il finit toujours par s'immobiliser. " C'est bien là ? ", demande-t-il systématiquement en me regardant. " Oui Prince, c'est bien ", et c'est comme en longe ! Je repars, il repart. Je m'arrête, il s'arrête. Curieux ballet que nous entamons ensemble le long du pare-botte. D'un coup, je décide de faire face à mon ch'tit camarade. Lui : " Ben qu'est-ce que tu fabriques ? " Moi : " Tu vois bien, j'avance sur toi ! " Lui : " Mais c'est qu'elle me marcherait dessus celle-ci ! " Moi : " Ah ça c'est sûr, ah ça c'est sûr ! "

Du coup, mon cheval apprivoisé de longue date recule un antérieur. Puis un postérieur. Il recule mais latéralise mal... " Allez mon Prince, encore ! " " Ah non, j'ai horreur de ça, tiens, je vais m'échapper sur le côté ! " Du coup, c'est à moi de reculer avant même que Prince ait eu le temps d'esquisser un mouvement d'épaule. Il s'arrête. Point d'interrogation au-dessus de sa tête... J'avance de nouveau. Il recule en suivant la piste. Son antérieur gauche va chercher moins loin que le droit... Intéressant... Monté, j'avais remarqué qu'il traînait des pieds. Je constate à présent que c'étaient les postérieurs.

Je laisse un moment de répit à mon interrogateur. Puis me met à reculer. La longe de grosse corde se tend mais ne tire pas... Cette simple sensation suffit à Monsieur Cheval pour comprendre qu'il doit venir vers moi. Samba ! Un pas en avant, deux pas en arrière ! Prince a chopé le truc et mâchonne. Il doit bien aimer quand je ne le touche pas ! Je parviens à lui faire exécuter des épaules en dedans (sans tirer sur la longe bien sûr). Le grand soir serait-il arrivé ! A moi la cavalerie ! Ma haquenée déplace épaules et hanches à la demande. Me suis partout alors que je l'ai délesté de tout lien. A gauche, à droite... En voilà un énorme toutou... enfin, sans langue pendante, Prince sait garder son rang tout de même ! Je cours, il trotte. Paf ! Je m'arrête. Prince fait de même, les épaules à mon niveau. Ne manquerait plus qu'il recule sans longe... Je tente le coup ? Sidérée je suis ! Prince recule. Droit. Il latéralise beaucoup mieux et son antérieur mord plus le terrain ! Nous sommes au milieu du manège et le petit bonhomme ne se soustrait pas à ma demande. Sacré déclic !

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22 janvier 2006

Calme !!!

lepouicdessin_Aux grands maux les grands remèdes. Prince a été monté en bride aujourd’hui. Oh, pas de panique, je ne pratique pas le ramener à outrance. Mais « l’ustensile » a un je ne sais quoi de « triple effet Kiss Cool ». Prince se met à mâchonner ostensiblement les deux grosses embouchures, et… leur cliquetis permanent me décontracte ! Si si ! Et puis, last but not least, l’action de mes mains s’adoucit. Quand on sait tenir un objet aussi tranchant qu’un sabre japonais, on évite de faire de grands moulinets !

Du coup, le mot d’ordre (respecté) du jour fut « décontraction ». Suivant les bons conseils des cavalières du forum de la Fédération équestre française, je respire bien fort, je ferme les yeux… me voici transformée en boule de gomme ! Prince me passe donc les épaules en dedans… au trot, et, si je ne prends pas mes rêves pour la réalité, une esquisse d’épaule en avant au galop ! Et puis le galop… Mon Pouic est calme ! Il m’écoute ! Ses oreilles me parlent… à moi, à mes mains… et malgré quelques moments de détresse mutuels, je ressors du manège avec un large sourire et les naseaux de mon loubard sur l’épaule.

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